En marge d’un voyage autour du monde, David Gaudreau, un globe-trotteur québécois que je connais depuis sa plus tendre adolescence, s’associe avec ICÔNE Coiffeurs-Visagistes.

Musicien aujourd’hui âgé de trente ans, il a décidé de partir autour du monde. Par le biais de ses correspondances, il nous fait découvrir les mille et un usages capillaires à travers les cultures et les tendances locales observées sur son parcours.

De passage à Amsterdam, il nous fait découvrir un salon hors normes qui depuis une trentaine d’années s’affirme dans un style que je vous laisse découvrir.

Une seule promenade à Amsterdam suffit pour confirmer que la ville possède une identité forte et distincte. Que ce soit au niveau architectural, au niveau culturel ou bien en considérant ses endroits réputés pour leurs mœurs légères (lire coffee-shops et maisons-closes), Amsterdam ose et défie les conventions. De la même façon, lorsqu’on observe la façon qu’on les Amstellodamois de se vêtir et de se coiffer, on réalise que la normalité n’est justement pas un concept en vogue. Ici, chacun essaie de définir sa propre mode.

Partie intégrante de cette tendance sociale où marginalité est synonyme de normalité, le salon de coiffure Kinki Kappers alimente sans contredit le rayonnement de la contre culture néerlandaise depuis 1984. En pleine foulée du mouvement punk, la renommée du salon s’est d’abord établi autour de son approche radicale et excentrique : on entrait chez Kinki Kappers pour oser et on pouvait en ressortir avec un mohawk coloré extravagant et complètement démesuré. Visiter son coiffeur et lui donner une liberté artistique totale, voilà un pied de nez à la conformité!

Si le concept s’est raffiné aujourd’hui, la même volonté créative demeure « Peu importe l’expérience des coiffeurs chez Kinki Kappers, c’est d’abord leur créativité et leur personnalité artistique qui prévalent » explique Monisha, une ex-coiffeuse de plateau télé qui a redécouvert le bonheur du métier en adhérant à la philosophie du salon. « Nos clients viennent justement pour aller au-delà de l’approche conventionnelle proposée dans la plupart des salons de coiffure. Ils adoptent Kinki Kappers parce que nous avons une approche artistique globale. Nous n’adaptons pas seulement une coiffure en fonction du visage mais en considérant également le style vestimentaire du client par exemple. Quand ce n’est pas eux qui prennent l’initiative, nous leur suggérons de trimbaler avec eux des références photos, des extraits de vidéoclips ou bien de la musique pour cerner leur personnalité et leurs intérêts artistiques. Leur coiffure est le reflet de cet ensemble ».

À en juger par la déco de l’endroit ou bien encore par les cabines d’attente munies d’écouteurs à l’entrée, il est indéniable que l’allure funky du salon donne raison à Monisha; une coupe chez Kinki Kappers est une expérience artistique qui transgresse l’ouverture d’esprit des Amstellodamois. « À l’image de l’éclectisme de la ville, je coiffe une clientèle très diversifiée, autant en terme de style, de statut économique qu’en regard de l’âge. Mon client le moins âgé est un jeune d’origine africaine de 4 ans qui adore son mohawk frisé. À l’opposé, j’ai récemment coiffé une dame de 75 ans qui avait besoin de changements radicaux dans sa vie …ses mèches bleues et sa coupe asymétrique l’accompagnent dans la nouvelle passion qu’elle découvre pour la moto ! ».

Trois décennie plus tard, la pérennité de Kinki Kappers ne ment pas: plus d’une quarantaine de succursales sont dorénavant implantées au Pays-Bas en plus d’avoir récemment exporté leur concept atypique en Espagne et en Allemagne, respectivement à Barcelone et à Hambourg.

Le succès et la spécificité du salon sont tels qu’une Académie Kinki fut créée il y a 10 ans. « Nous souhaitons nos coiffeurs se renouvellent, osent, personnalisent leurs techniques, à testent de nouveaux produits et de nouvelles combinaisons » souligne Monisha. Autre fait notoire mentionné par Monisha, le partenariat entre Kinki Kappers et L’Oréal Professionnel aura certainement été bénéfique au développement du salon néerlandais.

David à depuis trouvé à Barcelone un autre Kinki Kappers et fait d’autres photos.