David autour du monde : Porter des dreads? No worries!

En marge d’un voyage autour du monde, David Gaudreau, un globe-trotteur québécois que je connais depuis sa plus tendre adolescence, s’associe avec ICÔNE Coiffeurs-Visagistes.

Après Amsterdam en mars, Istanbul en avril, il nous fait découvrir un salon australien dont la clientèle raffole de des dreads : In Visible Lights.

Lors de mon séjour en Australie, j’ai observé une tendance locale d’abord aperçue chez les surfeurs australiens: la tête de « dreads », cette tête associée à Bob Marley, icône rasta dans l’imaginaire populaire occidental. En fait, si la « coolitude » liée à cette coiffure colle tout à fait à la culture surf, elle est également répandue à travers le pays auprès des jeunes et des moins jeunes, surfeurs ou non.

Et alors, pourquoi porter des dreads? Comment les coiffe-t-on? L’entretien, c’est compliqué?

No worries!

Réponse typiquement australienne livrée par Sharon, une des rares spécialistes.

Campée avec son associé Darren, Sharon me reçoit à l’improviste dans une boutique aux allures burlesques-néo-punk-industrielles. Mon passage à Sydney m’a permis de repérer cette coiffeuse atypique qui cumule plus de 20 ans de pratique à tisser des noeuds sur le crâne de ses clients.

J’ai rapidement orienté ma pratique suite à ma formation en coiffure. Je portais moi-même des dreads depuis l’âge de 13 ans, j’avais l’intérêt et la patience requise sans compter qu’il y avait un créneau à développer.

Dès le départ, je me suis fait un nom dans le quartier Newtown puis graduellement dans l’ensemble de la ville. À l’époque, ceux qui s’affichaient avec des dreads étaient presque uniquement des artistes et les préjugés fusaient: l’entretien des dreads est impossible, c’est malpropre …et inapproprié pour les Blancs !

Depuis, cette coiffure s’est imposée dans la culture populaire et les gens se renseignent au lieu de juger. Maintenant, mes clients sont âgés de 25 à 45 ans et proviennent de diverses réalités sociales, professionnelles et économiques.

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Visiblement peu avisé sur le sujet, je demande à Sharon de m’expliquer comment les dreads récupérés auprès de la culture rasta ont réussi à faire leur chemin dans la mode occidentale.

Les dreads étaient communs dans certaines régions africaines bien avant qu’on ne les associe à la Jamaïque et au reggae. Par ailleurs, les peuples nomades de l’époque celtique y avaient également recours d’une manière bien précise: quelques dreads ornaient la tête des chefs et de leurs combattants.

C’était à la fois une façon de reconnaître leur statu et c’était également une manière simplifiée de confirmer le décès des combattants; au lieu de ramener un corps sur de longues distances, on découpait l’un de ses dreads en guise de preuve.

Trêve de leçons historiques, on en vient ensuite au vif du sujet alors que Sharon m’explique comment elle travaille les dreads tout en démystifiant quelques stéréotypes. J’apprends d’abord que la technique à la cire d’abeille dont certain de mes amis québécois ont fait usage est révolue.

La technique « bees wax » est la pire approche possible: en plus d’être potentiellement collant pour ses vêtements et sa propre tête, la cire repousse l’eau et cette dernière s’accumule à l’intérieur des dreads. L’humidité peut facilement s’accumuler selon la fréquence de lavage et des odeurs peuvent survenir. Pour une belle tête, les dreads doivent sécher adéquatement, sans additifs superflus.

Au cours des dernières années, il s’est d’ailleurs développé toute une gamme de produits d’entretien spécifiques, un nouveau besoin de consommation créé de toute pièce à mon avis. Si le travail est fait soigneusement dès le départ, il n’y a absolument aucun entretien à faire.

Personnellement, j’utilise seulement une base de solution permanente ainsi que du fil de coton pour donner une bonne forme aux dreads dès le départ. Selon l’épaisseur et les habitudes d’entretien, le fil de coton se désagrège au bout de quelques semaines ou quelques mois de lavage tout en permettant de bien conserver les noeuds.

C’est faux de croire que ceux qui portent des dreads sont nécessairement malpropres; il est possible de laver ses cheveux à chaque jour si on le souhaite …il faut simplement être un peu plus patient pour le séchage !

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De la patience, il en faut également pour celui qui coiffe. Selon la longueur désirée, Sharon me précise qu’une tête peut prendre une journée entière à confectionner. En terme de prix, il faut prévoir environ 300$ pour des dreads jusqu’aux épaules. À l’extrême, on peu investir jusqu’à 1000$ pour une tignasse qui atteint le bas du dos et comporte une allure stylisée et colorée.

Je suis une des rares spécialistes au pays. Peu de coiffeurs ont la patience et l’expertise ou même l’intérêt de développer une clientèle aussi spécifique.

J’y arrive d’autant plus que ma boutique me permet un revenu complémentaire et je n’ai pas besoin d’investir et d’entretenir un salon normalement équipé.

Si vous souhaitez vous faire une tête concernant l’esthétique lié aux dreads, je vous laisse le loisir de faire davantage de recherche sur le style burlesque-néo-punk-industriel que promeut la boutique In Visible Light opérée par Sharon et Darren…

By | 2016-06-09T11:28:15+00:00 mai 29th, 2013|ICÔNE Coiffeurs-Visagistes|Commentaires fermés sur David autour du monde : Porter des dreads? No worries!

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